Urbanears baggen : L’enceinte bluetooth qui envoie !

Les Scandinaves auront mis le temps, mais ils ont réussi leur coup à nouveau. Pendant un temps, pour le grand public pas trop averti, le high-end rimait avec B&O, Jamo … Et puis, l’ère du numérique est arrivée, et les pays-où-il-fait-froid ont mis un peu temps à prendre le train en marche. C’est désormais le passé, avec des grands noms comme Beoplay qui sont parvenus à conquérir ce nouveau segment. Aujourd’hui, il faut compter avec Urbanears – à ne pas confondre avec l’autre « UE » du marché, à savoir Ultimate Ears. En l’occurrence, c’est leur Baggen qui, la première, a trouvé le chemin de nos labos.

Avantages : 

  • Excellent design
  • L’appli de contrôle

Inconvénients :

  • Il faut bien la positionner
  • Le prix un peu élevé

Urbanears baggen : Simplicité de synchronisation et d’appairage

Pour commencer, on ne peut que saluer la réussite esthétique. Quelle que soit la couleur choisie, l’enceinte en jette avec son revêtement textile qui la recouvre entièrement. C’est dans la simplicité que s’exprime parfois le luxe: en l’occurrence, l’enceinte bluetooth est un cube, sans plus de recherche formelle, mais ce dépouillement extrême la place d’emblée à part.

Du côté de la connectique, on fait dans la sobriété, en tous les cas pour ce qui est des connexions physiques : une prise auxiliaire 3,5mm, à laquelle on pourra brancher à peu près n’importe quoi… y compris une platine vinyle, nous annonce le constructeur (ce à quoi nous ne nous sommes pas risqués, et nous prenons donc l’information avec des pincettes). Pour ce qui est du sans-fil, on appréciera la présence du Bluetooth pour streamer de manière classique, mais c’est surtout au niveau du Wi-Fi que les choses deviennent intéressantes. Lenceinte est en effet compatible AirPlay; ChromeCast, et surtout peut devenir la première pièce d’un ensemble multiroom.

L’appli comme clé de voûte

Comme c’est souvent le cas, c’est par l’intermédiaire de l’application fournie gratuitement par le constructeur que le multiroom trouve sa raison d’être, On peut facilement associer des enceintes à des pièces, et choisir quelle musique envoyer à chacune. C’est aussi simple que chez Sonos, bien que sans doute pas aussi ouvert quant à l’offre de streaming. En l’occurrence, c’est Spotify qui est id à l’honneur. Bien, mais on espère quand même que de futures mises à jour permettront de profiter de Qobuz, ne serait-ce que pour avoir de la qualité CD et pas seulement du 320 kbit/s d’un autre âge.

Le passage du mode solo au mode multiroom se fait le plus simplement du monde via l’application. De ce côté-là, c’est le carton complet.

Une ergonomie originale

Un mot tout de même sur l’ergonomie physique. Comme nous l’avons dit, deux boutons se trouvent au sommet de l’unité. Ils se tournent. .. et s’appuient pour faire une sélection. Le premier bouton sert à régler le volume, le second à sélectionner une source parmi huit. Un peu comme sur un ancien poste de radio, à ceci près que là, à chaque entrée, on n’associe pas TSF Jazz et France Musique mais une playlist ou une radio Internet. C’est une approche déjà proposée par Bose avec ses SoundTouch et rétro ou pas, il s’agit d’une excellente idée. Il faut s’y faire, mais rapidement, cela devient une seconde nature.

Urbanears baggen : Une qualité sonore solide

La prestation sonore elle-même vaut plutôt le détour. La Baggen a du coffre, c’est indéniable,  et n’a eu absolument aucun mal à remplir une grande pièce de 60 m². Pour une chambre ou un bureau, elle est clairement surdimensionnée et on lui préfèrera la petite sœur baptisée Stammen. Contrairement à ce que l’on pourrait craindre avec ce type de produits, les graves ne cherchent pas trop à tirer la couverture à eux. Ils sont présents, indéniablement, mais d’une manière plutôt mesurée. Bref, si vous voulez quelque chose qui fait« boum boum», passez votre chemin.

Un détail toutefois (enfin, pas tant que ça): il est conseillé de placer l’enceinte pas trop loin d’un mur pour renforcer les graves. Sans quoi, pour le coup, la retenue que nous saluions il y a quelques lignes risquerait de devenir un sérieux défaut dans la cuirasse.

D’un point de vue général, l’équilibre tonal est bien respecté. Les voix sont correctement projetées, mais toutefois pas jusqu’à se détacher totalement du reste de la scène sonore. C’est plutôt une bonne chose, en cela qu’on garde l’interaction entre le chant et l’instrumentation intacte. Les aigus, de leur côté offrent une indéniable douceur. Peut-être qu’à vouloir absolument éviter le côté strident de nombre de produits de ce type, Urbanears a un poil forcé sur ce trait de caractère. Ce qui est sûr, c’est que l’écoute sur la durée ne s’en révèle que moins fatigante.

Une enceinte prometteuse

Quel verdict? Il ressort de tout cela, à tout prendre, un côté assez « posé» qui peut plaire autant que frustrer. La Baggen ne manque pas d’énergie, mais c’est une énergie où l’on sent en permanence le contrôle. En clair, elle ne se lâche jamais totalement. comme un danseur expert qui se garderait bien de faire tomber la chemise en fin de soirée. En ce qui nous concerne, il nous semble que cette modération est plutôt un bon pari avec des. Mais il faudra bien garder en tête que ce n’est pas une enceinte pour faire la fête : plutôt pour écouter de la musique posément, dans des conditions standard. Reste que les possibilités multiroom ajoutent beaucoup d’attrait au produit dans l’absolu.